mercredi 6 janvier 2010
Doux être de lecture
J'avais entrouvert la porte donnant sur le balcon et m'étais assise sur un tabouret pour fumer à ma guise. Je portai le cigarillos à la menthe sur mes lèvres. La fumée jaillissant de mes poumons s'accrochait aux tournures du vent paisible d'une semi tempête de neige. Les fioritures boucaneuses entrechocaient les flocons dans leur course. Les cendres de ma rébellion simple tombaient sur le tapis blanc de l'extérieur. Je me pris à penser que je me sentais bien. Un peu comme la tempête, j'étais mélancoliquement douce. Bien que la journée avait commencé par un mélange amer de toi, de tes mensonges, de tes gestes qui me font encore m'accrocher, j'étais -probablement à cause du petit cigare- dans une nonchalence presque exemplaire à me faire remarquer à moi-même comme j'aimerais que ma vie soit une continuité perpétuelle de cette journée d'art et de lecture. Non que se soit mon rêve, mais plutôt une preuve momentané que je sois, peut-être au fond, un semblant d'artiste. Découverte du jour! Vivre de peinture et d'amants frais me procurerais finalement un semblant de substitut. En cette journée où le temps s'est arrêté juste pour moi, je redoute l'arrivé imminente de ces gens avec qui je cohabite. J'effaçai donc toutes traces de cette désinvolture par des coups de revers de main et décidai que mon alibi serait mes chats. L'odeur laissa des traces dans la cuisine, alors j'allumai une chandelle et la regardai osciller. N'est-ce pas magnifique de voir ses flammes dansantes? Je remarquai les bouts pointus qui se formaient et pensai que cela ressemblait à de petites cornes de diable. La nature me faisait part de mes agissements. J'eusse, par la suite, une drôle d'envie de sexe et de tire d'érable qui ne fut combler qu'à moitié. Avalant ma dernière lampée d'amour, je me blotti contre le confort pour continuer la lecture tordue de Lolita.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Amour.
RépondreSupprimer