jeudi 14 janvier 2010

La nuit et puis...

J'adore valser dans la nuit d'un hiver froidement lâsse. Dans ma voiture cliquetinquante, à 2h00 du matin, je sens l'air frais de la givreuse chaussé. Vous devez imaginer la scène sur un fond de musique instrumentale indurtielle. À ma droite, une maison carrée dont le flanc nord est étouffé par une neige profonde. L'étrangeté de nos hivers est tout là : d'un côté on peut remarquer la verdure d'une herbe peu abondante, et de l'autre, 30 cm d'une bordée de la veille. À ma gauche, un camion-remorque prépare son entrée sur l'autoroute en pouffant d'un rire noir.
Et je m'imagine à la place du chauffeur
Et je m'imagine être lui, chaque nuit solitaire, chaque minute. Peut-être le savourais-je plus que lui, ma virginité de la solitude nuptiale obligeant. Je voudrais être, chaque nuit, à la recherche d'un puis de pétrole où remplir le convoi qui me suit depuis le début des temps, toujours en passant par différents chemins, pleinement rempli de mystèrieux ombrages routiers.
Je reviens à ma propre vie en passant sous ce réverbère qui s'allume toujours lorsque je suis sous son aile luminante. Cette situation me mets toujours dans un état d'esprit spécial, comme si tout, tout me jouait dans le dos.
Deux réverbères qui se parlent:
- Hey! Quoi de neuf ce soir, Harry?
- Et bien, croit le ou non, ils ont enfin changé mon ampoule.
- Je n'en crois pas mes yeux (hihi), prouve-le!
- Ok, tu vois cette voiture qui s'en vient?
- Ouais
- Je me ferme!
- OUAIS, C'EST GÉNIAL!!!
dirent-ils.
J'ai mal à la tête, je m'endore, apaiser moi quelqu'un!

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