dimanche 24 novembre 2013

Joe

En grande romantique que je suis, je vais le citer sans remord :

«Où es-tu? Que fais-tu? Est-ce que j'existe encore pour toi?» -Joe Dassin

Normalement (ce mot sonne toujours un peu ironique venant de ma tête), normalement, on dirait cela à quelqu'un qui nous a quitté. Moi, je le demande à un ami, à un «ex», à la personne avec qui j'ai passé ma jeunesse, ma folie pendant 6 ans. Comme elles me paressent loin et proche à la fois, ces années. J'ai compté... je ne l'avais pas fait, parce que je ne voulais pas savoir. Je ne voulais pas compter l'étendu de mes dommages, la longueur de ma méchanceté. Oui, je culpabilise. Jamais je ne pourrai jeter tant de temps à la mer sans culpabiliser. Mais vous savez, moi et les aurevoirs. Je n'y suis jamais allée délicatement... j'en suis incapable, car j'accumule trop. Je prends tout sur moi, j'accumule mes «ce n'est pas grave» et je ne remarque même plus que ce l'est. Tout l'était. Je me disais qu'on pouvait passer par dessus parce que nous étions différent, plus fort que les autres, les gens «normaux».  Mais non, pas moi. J'y ai joué, peut-être. J'ai joué à la «différente» pour faire comme toi. Ou comme moi... JE NE SAIS PAS! Nous avons grandis ensemble, toi et moi. Du coup, je ne sais plus ce qui vient de moi ou de toi. On se mélange comme ça. C'est à la fois beau, drôle et déroutant. Mais je sais bien que finalement, ce n'est ni de toi, ni de moi, mais bien de nous. On a construit des choses ensembles. Des mondes parallèles. On a fait croire à tout le monde que quelque chose d'aussi différent existait. Mais je t'ai fait croire que j'étais bien avec tout ça. Je ME suis fait croire que j'étais bien avec tout ça. Je l'ai voulu aussi. Mais je ne savais pas que ça me détruisait. Qui l'aurait cru, à vrai dire! Je suis peut-être meilleure actrice que je le crois. Et tout cela m'a appris à dire ce qui me dérange. Et je le dis trop. C'est pas toujours facile d'être si intense... je me sens sans milieu. Il me manque un morceau de robot. Le gris.

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